voilà un article sur le yiquan qui explique "clairement "les fondements de la pratique.......ZHANG ZHUANG.........
Qu’est ce que le Yiquan ?
Le Yiquan est une méthode pour cultiver naturellement l’énergie physiologique. C’est une pratique dans laquelle le cerveau, la pensée (l’esprit), le système nerveux et tous les muscles
travaillent ensemble et créent des forces contradictoires dans tout le corps. Il y a le Yin et le Yang, le négatif et le positif, et constamment on doit chercher à maintenir l’équilibre de ces
énergies, l’Énergie est au centre. Elle ne doit pas être trop petite ou trop grande, juste être maintenue au centre, en équilibre.
Lorsqu’on pratique le Yiquan, on utilise des images mentales, comme par exemple tenir des balles légères dans nos mains. “Il n’y a pas de balles en réalité, et s’il y en avait réellement il
serait impossible de parvenir au but recherché. Dans un entraînement mental, nous utilisons la physiologie du corps. Cela signifie que si quelqu’un imagine saisir un objet, son cerveau et ses
muscles se préparent à l’action. Mais parce qu’il n’accomplit pas cette action, il ne saisit pas réellement un objet, son corps est dans un état où il est prêt, prêt à faire quelque chose”.
D’après Zhang, la circulation du sang devient plus forte, et le corps remplie d’énergie intérieure. “Les sensations deviennent plus fortes avec la pratique”, affirme Zhang qui précise
que plus la durée de la séance est longue au plus on ressent différentes sortes de sensations.
Lorsqu’on atteint un certain niveau d’entraînement, on commence à ressentir une énergie constante à travers tout le corps, “on le ressent même dans la colonne vertébrale”. Une fois
atteint ce stade du Yiquan, le mouvement peut alors entrer dans le processus, c’est la vitesse. Il en résulte une sorte d’énergie qui “explose” en dehors du corps. “Notre intention est de
cultiver cette énergie extrêmement rapide, celle-ci est d’ailleurs du même genre que celle que les animaux ont naturellement”, dit-il en mimant la position du félin immobile qui se jette
ensuite sur sa proie.
Peut-on ressentir cette énergie intérieure dès le début ou cela prend-il beaucoup de temps avant d’avoir cette sensation ?
“Au plus longtemps vous vous entraînez, au plus vous aurez des sensations”, soutient maître Zhang. Selon lui, c’est grâce au processus lui-même, qu’on peut apprendre de nombreuses choses
sur les principes de la physiologie humaine et sur la philosophie d’une telle pratique. Un des premiers principes est : “cong liang bien dao zhi bian”, en chinois dans le texte. Il
signifie qu’au fur à mesure du temps, l’entraînement doit évoluer de la quantité vers la qualité. D’après le nombre d’entraînement, le nombre d’heure que l’on passe en position et en pratiquant,
au mieux on atteindra une qualité de l’entraînement. Parallèlement, l’entraînement mental devient aussi un entraînement physique.
Par exemple, si on imagine tenir une balle, on crée seulement une image mentale de l’action, mais cela veut dire que si on perd le touché mentale de la balle, elle tombera. On imagine qu’on peut
simplement garder la balle dans nos mains.
Maître Zhang insiste pour dire qu’on n’utilise pas la force physique, seulement la force mentale. Mais bien que tout se passe dans la tête, cet art crée des changements dans tout le corps, y
compris à un niveau physique. Les explications de notre maître chinois sont les suivantes. “Notre système nerveux nous encourage à entreprendre des actions. Mais d’un autre côté, il nous dit
l’inverse, ne pas agir, aucun mouvement ne doit avoir lieu. Vous pouvez alors sentir que, même si vous le vouliez, vous ne le pouvez pas… C’est l’énergie compréhensive qui se développe alors.
Cette énergie est appelée “Zheng li””.
L’énergie compréhensive dont parle Zhang peut être ressentie, selon lui, d’abord dans le bout des doigts, puis les mains et ainsi de suite jusqu’à ce que le système nerveux la propage au plus
profond du corps. Lorsqu’on arrive à propager cette force de l’extérieur vers l’intérieur de notre système nerveux, on accède en réalité à cette force pour laquelle on s’est lancés dans la
pratique du Yi Quan. On ne doit plus alors qu’utiliser notre esprit pour diriger notre entraînement. On devrait pouvoir sentir cette force parcourir notre corps par des séries de vagues qui vont
et viennent très rapidement.
Maître Zhang précise qu’à ce moment, le mouvement (physique) est extrêmement petit, voir même n’existe quasi-pas. Mais la force qui en ressort est immensément grande. C’est ce genre de force
explosive qui est typique du Yiquan.
Y a-t-il un endroit idéal ou des circonstances propices pour pratiquer le Yiquan ?
L’endroit n’a pas vraiment d’importance à partir du moment où on arrive à se relaxer. Quant à l’endroit, il n’a même pas besoin d’être grand. On peut pratiquer le yiquan à l’extérieur ou à
l’intérieur avec seulement un mètre carré de surface. Le plus important est d’avoir un esprit calme et en paix. (Maître Zhang nous confie qu’il arrive à s’entraîner n’importe où, dans son lit, le
bus, le train, dans un canapé.)
Si on a ces conditions, on peut prendre la position, utiliser une image mentale comme tenir des boules de papier dans ses mains sans les déformer ni les faire tomber. Le but étant de ressentir
une sensation comme si ces boules se trouvaient réellement dans nos mains. Le corps est détendu et entier, pas de tension et la respiration est normal. “Ce type d’exercices, lorsqu’il est
répété, améliore aussi la circulation du sang. Dès lors, vous pouvez avoir des sensations de chaleur et avoir différentes sortes de sensations dans le corps pour finalement atteindre la sensation
d’un corps entier. Après cela, vous pouvez commencer les exercices en mouvement, c’est-à-dire en bougeant la balle dans différentes directions”, soutien Zhang. La phase dans laquelle on
réalise des mouvements avec la balle est appelée “shili”, la quête de la sensation de la force.
“Dans le Yiquan, on dit “nei yang wai yin”, le yang actif est à l’intérieur et le yin passif est à l’extérieur. Le yang actif est à l’intérieur, et quand on le regarde de l’extérieur on ne
voit aucun mouvement. C’est parce qu’à l’extérieur se trouve le yin passif”, précise notre interlocuteur.
Il ajoute qu’un autre principe du Yiquan est “bu dong zhong qiu dong cai shi zhen dong”. Ce principe énonce que la recherche du mouvement dans l’immobilité est le mouvement authentique.
Mais quel est l’état du yiquan en Chine de nos jours ?
“Il est considéré comme un exercice commun, et il y a de nombreuses personnes qui le pratiquent”. Comme Zhang l’explique, cette pratique fait partie des racines et de la tradition chinoise, elle
n’appartient donc à aucune forme académique officielle qui est enseignée dans les écoles.
Mais y a-t-il des compétitions de cet art martial ?
“Dans de nombreux arts martiaux vous avez des compétitions organisées avec des règles précises et des formes. Mais le yiquan a plus pour but de préserver une méthode traditionnelle
d’entraînement il amène plus loin”. Toutefois il y a eu des compétitions de yiquan dans le passé et maître Zhang y a lui même pris part. Lorsque la Chine a organisé le premier tournoi
réunissant tous les types d’arts martiaux chinois, Zhang et son ami qui apprenait le yiquang avec le même maître, ont chacun gagné la compétition dans leur catégorie de poids respective.
Aujourd’hui il n’y a plus de compétitions et les gens pratiquent cet art pour eux-mêmes. De plus Zhang affirme que dans les arts martiaux chinois traditionnels, les compétitions sont très
simples. Deux concurrents tentent de sentir la force de leur opposant. “Très vite on sait qui est le meilleur”, prétend Zhang, “il n’est pas nécessaire de se battre réellement comme
dans les compétitions d’aujourd’hui”.
Les combattants de nos jours dénigrent un peu cette discipline en raison de l’implication qu’il exige. Ressentir et maîtriser cette force est un très long processus et son utilisation peut
facilement blesser quelqu’un.
Mais le yiquan, comme d’autres arts martiaux, n’est pas qu’une discipline de combat. C’est aussi une philosophie, une source de développement pour la calligraphie, et la santé.
Le Yiquan : plus qu’une boxe, une philosophie et une manière de vivre
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